La publicitĂ© en ligne franchit 6,7 milliards d’euros en France

📌 En bref

Le marchĂ© français de la publicitĂ© numĂ©rique a atteint 6,7 milliards d’euros au premier semestre, en hausse de 12 % sur un an. Le Search domine (2,7 milliards), les rĂ©seaux sociaux explosent (+16 %), et le Retail Media s’impose comme le troisième pilier avec 775 millions d’euros (+18 %). Seuls les mĂ©dias traditionnels reculent (-5 %).

Le 36e Observatoire de l’e-pub, publiĂ© le 12 juillet par le cabinet Oliver Wyman pour le SRI (Syndicat des RĂ©gies Internet) et l’Udecam, dresse un Ă©tat des lieux sans Ă©quivoque : la publicitĂ© digitale française ne ralentit pas. Avec 6,7 milliards d’euros engrangĂ©s au premier semestre, le secteur affiche une croissance de 12 % par rapport Ă  la mĂŞme pĂ©riode l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente.

Mais derrière ce chiffre global, les écarts se creusent entre les gagnants — plateformes américaines et Retail Media — et les perdants — éditeurs de presse et acteurs européens.

Un marché porté par le Search et les réseaux

Le Search reste le premier levier publicitaire numĂ©rique en France avec 2,7 milliards d’euros (+12 %). PortĂ© par Google et l’essor du Retail Search (publicitĂ©s sur les sites marchands comme Amazon ou Carrefour), ce canal bĂ©nĂ©ficie d’un avantage clĂ© : l’internaute est dĂ©jĂ  en intention d’achat quand il voit la publicitĂ©.

Les rĂ©seaux sociaux suivent de près avec 2,2 milliards d’euros, en progression de 16 %. Meta et TikTok captent l’essentiel de cette manne, qui migre massivement vers les formats vidĂ©o courts.

La vidéo dévore le Display classique

Le Display dans son ensemble progresse encore de 10 % (1,25 milliard d’euros), mais cette moyenne cache une mutation radicale :

  • Le streaming vidĂ©o et musical grimpe de +19 %
  • La tĂ©lĂ©vision et la radio digitales prennent +15 %
  • Le Display classique — bannières et pavĂ©s statiques — recule de -5 %

La vidĂ©o reprĂ©sente dĂ©sormais 63 % du Display, dont la moitiĂ© consommĂ©e sur tĂ©lĂ©viseur connectĂ©. Les annonceurs l’ont compris : un bandeau statique ignorĂ© ne vaut pas un clip de 15 secondes regardĂ© jusqu’au bout.

Le Retail Media, le troisième pilier

Amazon, Carrefour, Leclerc et consorts vendent dĂ©sormais des espaces publicitaires sur leurs propres plateformes. Ce marchĂ© pèse 775 millions d’euros, soit 12 % du marchĂ© publicitaire digital français. La croissance atteint 18 % sur le semestre, tirĂ©e par le Retail Search qui explose Ă  +24 %.

Le principe est simple : quand un consommateur tape « aspirateur robot » sur Amazon, il voit d’abord une publicitĂ© sponsorisĂ©e avant le premier rĂ©sultat organique. L’annonceur paie pour un clic Ă©mis par un acheteur dĂ©jĂ  en phase de dĂ©cision — le taux de conversion est nettement supĂ©rieur Ă  celui d’une bannière classique.

Les médias français décrochent

La catĂ©gorie Édition et Information est la seule en recul : -5 % Ă  251 millions d’euros. Les acteurs europĂ©ens voient leur part dans le Display passer de 50 % Ă  47 % en un an. Corinne Mrejen, prĂ©sidente du SRI, s’interroge publiquement sur la manière de garantir que « la valeur produite par les mĂ©dias français soit visible, reconnue et Ă©quitablement rĂ©munĂ©rĂ©e dans un Ă©cosystème oĂą l’IA redistribue les parcours d’accès Ă  l’information ».

La rĂ©alitĂ© est brutale : les mĂ©dias français produisent le contenu, mais ce sont les plateformes amĂ©ricaines qui vendent l’attention. Et l’arrivĂ©e des agents IA conversationnels dans la chaĂ®ne publicitaire risque d’accĂ©lĂ©rer ce transfert de valeur.

Ce que ça change pour les TPE et PME

Pour une petite entreprise normande, ces chiffres confirment trois tendances à intégrer dans sa stratégie digitale :

  1. Investir dans le Search : Google Ads et le rĂ©fĂ©rencement naturel restent les canaux les plus efficaces pour capter une intention d’achat. Un budget mĂŞme modeste, bien ciblĂ© localement, peut gĂ©nĂ©rer des leads qualifiĂ©s.
  2. Basculer vers la vidĂ©o : le recul du Display classique (-5 %) est un signal clair. Les formats vidĂ©o courts — Reels, TikTok, YouTube Shorts — sont le nouveau standard de l’attention.
  3. Explorer le Retail Media : si vous vendez des produits, ĂŞtre prĂ©sent sur les places de marchĂ© (Amazon, Carrefour) avec des annonces sponsorisĂ©es devient aussi stratĂ©gique qu’avoir un site vitrine bien rĂ©fĂ©rencĂ©.

Comme nous l’expliquions dans notre article sur le coĂ»t d’un site internet, l’investissement digital d’une TPE doit ĂŞtre pensĂ© de façon globale : le site est la vitrine, mais sans trafic qualifiĂ©, il reste invisible.

Publié le 14 juillet — mis à jour le 14 juillet

Par RaphaĂ«l Marieux — Source : Siècle Digital, Observatoire de l’e-pub SRI/Udecam

FAQ

Qu’est-ce que l’Observatoire de l’e-pub ?

L’Observatoire de l’e-pub est une Ă©tude semestrielle publiĂ©e par le SRI (Syndicat des RĂ©gies Internet) et l’Udecam (Union des Entreprises de Conseil et d’Achat MĂ©dia), rĂ©alisĂ©e par le cabinet Oliver Wyman. Elle mesure le marchĂ© français de la publicitĂ© numĂ©rique en agrĂ©geant les donnĂ©es des principales rĂ©gies publicitaires.

Le Search inclut-il le SEO ou uniquement le SEA ?

L’Observatoire mesure uniquement les investissements publicitaires (SEA). Le rĂ©fĂ©rencement naturel (SEO) n’est pas comptabilisĂ© puisqu’il ne gĂ©nère pas de dĂ©penses mĂ©dia directes. Les 2,7 milliards d’euros du Search correspondent donc exclusivement aux annonces payantes (Google Ads, Bing Ads, Retail Search sponsorisĂ©).

Quel budget pub pour une TPE normande ?

Une TPE peut dĂ©marrer avec 300 Ă  500 € par mois en Search local (Google Ads ciblĂ© sur son dĂ©partement). Pour une prĂ©sence sur les rĂ©seaux sociaux (Meta Ads), prĂ©voir un minimum de 200 € par mois pour obtenir des rĂ©sultats mesurables. L’important est de commencer petit, mesurer, et rĂ©investir ce qui fonctionne.