Mis à jour le 18/10/2026

Trois façons d’assurer la maintenance d’un site, un tableau pour choisir
| Critère | Soi-même | Interventions à l’acte | Contrat mensuel |
|---|---|---|---|
| Ce que vous payez | Votre temps, éventuellement des licences d’outils | Un forfait par intervention, dont le montant dépend du prestataire | Un abonnement mensuel, avec un périmètre variable d’un prestataire à l’autre |
| Mises à jour de sécurité | C’est à vous de les suivre | À la demande, si vous les réclamez | Généralement incluses et documentées |
| Réactivité en cas de bug | Vous dépendez de votre disponibilité | Variable, selon le planning du prestataire | Engagement de délai si le contrat le prévoit |
| Bon profil | Site simple, éditeur en ligne, temps disponible chaque mois | Site peu modifié, besoin ponctuel | Site WordPress ou e-commerce, activité qui dépend du site |

France Num rappelle qu’un site a un coût initial (900 à 5 000 € pour un site basique, 3 000 à 10 000 € pour un site e-commerce) et des frais récurrents pour l’hébergement, le nom de domaine et la maintenance. Bpifrance chiffre le socle : 10 à 20 € par an pour le nom de domaine, hébergement à partir de 3 € par mois. La maintenance, elle, n’a pas de tarif officiel : c’est une prestation humaine, dont le prix dépend du périmètre. Le tableau ci-dessus sert donc à comparer des modes d’organisation, pas des montants.
Ce que la maintenance couvre réellement
La fiche France Num « Combien payer pour un site web ou un site e-commerce ? » détaille trois volets. La maintenance préventive installe régulièrement les mises à jour pour préserver la sécurité et les performances. La maintenance corrective répare les bugs imprévus. La maintenance évolutive adapte le site à de nouveaux besoins, par exemple l’ajout d’une page de réservation ou d’une nouvelle rubrique.
À ces volets s’ajoutent des tâches que beaucoup de fiches oublient : les sauvegardes restaurables, la surveillance des formulaires (un formulaire qui ne part plus n’est signalé par personne), et le renouvellement du nom de domaine. Ce dernier point paraît évident, pourtant un domaine non renouvelé fait tomber le site et les adresses email associées.
Un site sans maintenance finit par être rattrapé
L’ANSSI place ce sujet au cœur de son guide d’hygiène informatique : la mesure 35 demande d’« anticiper la fin de la maintenance des logiciels et systèmes et limiter les adhérences logicielles ». Un site dont le thème ou les extensions ne sont plus maintenus rentre exactement dans ce cas. J’ai détaillé dans un article séparé les mises à jour de sécurité, qui s’appliquent au site comme au reste du parc informatique.
Les conséquences se lisent dans les chiffres. L’enquête OpinionWay pour Cybermalveillance.gouv.fr (588 entreprises de moins de 250 salariés, juin-juillet 2025) montre que 18 % des incidents cyber déclarés venaient de failles de sécurité, contre 14 % en 2024. Une faille non corrigée sur un site exposé est une forme très concrète du risque : elle peut compromettre les données collectées par le formulaire de contact et obliger à notifier la CNIL.

Attention au cadrage, pour être précis : le 11 % de « consultations de sites Internet vérolés » que rapporte la même enquête désigne des victimes contaminées en visitant un site compromis, pas des sites d’entreprises piratés. Les deux partent d’un site mal maintenu.
Ce qu’on compare vraiment dans un contrat de maintenance
Le prix ne dit presque rien. Deux contrats au même tarif peuvent couvrir des réalités opposées. Avant de signer, inspectez ces points :
- Vérifiez le périmètre inclus, c’est-à-dire les mises à jour du cœur, du thème et des extensions, les sauvegardes et le monitoring. La création de pages ou une future refonte sont souvent facturées à part.
- Exigez un engagement de délai pour les interventions urgentes. Un contrat sans délai laisse le site en panne le temps de la file d’attente du prestataire.
- Restez titulaire du nom de domaine et de l’hébergement, avec la possibilité de récupérer toutes les sources si vous changez de prestataire.
- Regardez la période de garantie et le coût de la maintenance si vous ne vous en occupez pas vous-même. France Num conseille explicitement de les contrôler avant de signer.
- Demandez un journal des interventions. Un historique écrit vous évite de redécouvrir ce qui a été modifié il y a deux ans.
Les limites honnêtes de la maintenance payante
Un site conçu avec un éditeur en ligne embarque déjà sa maintenance : l’éditeur gère les mises à jour et l’hébergement. Dans ce cas, un contrat de maintenance externe n’apporterait rien, sinon de la redondance payante.
À l’inverse, un site sur mesure exige plus, mais pas forcément plus cher. Un site vitrine de cinq pages, peu dynamique, peut vivre avec quelques heures de travail par mois assurées par vous. La règle d’arbitrage reste simple : plus le site porte d’enjeux, plus la maintenance justifie d’être déléguée à quelqu’un dont c’est le métier. Si vous vous interrogez plutôt sur l’âge du site lui-même, l’article sur la refonte de site internet donne des seuils mesurables pour décider. Et si le problème vient de l’hébergement plutôt que du site, consultez notre comparatif sur comment choisir un hébergeur web.
Sources : fiches France Num — site web : coûts, maintenance et garantie ; Bpifrance Création (juillet 2025) ; guide d’hygiène informatique ANSSI, mesure 35 ; enquête OpinionWay pour Cybermalveillance.gouv.fr (juin-juillet 2025, 588 entreprises).