Veille du 3 août 2026 : étiquetage IA obligatoire, LinkedIn contre l’AI slop, Bloctel s’arrête
Sommaire
- Étiquetage des contenus IA : ce qui devient obligatoire dans l’UE le 2 août
- LinkedIn déploie un bouton anti-AI slop dans ses fils d’actualité
- Démarchage téléphonique : Bloctel s’arrête, le consentement devient obligatoire
- Sources
- FAQ
Étiquetage des contenus IA : ce qui devient obligatoire dans l’UE le 2 août
Le 2 août 2026, les obligations de transparence de l’article 50 du règlement européen sur l’IA sont devenues applicables. Concrètement, les fournisseurs de systèmes d’IA générative doivent garantir que leurs sorties (audio, image, vidéo, texte) sont marquées dans un format lisible par machine, et les déployeurs doivent étiqueter les deepfakes et certains textes générés qui informent le public. La Commission européenne rappelle que ces exigences « s’appliquent à partir du 2 août 2026 » et qu’elles concernent le marquage, la détection et l’étiquetage des contenus générés ou manipulés par IA. (source : Commission européenne, code de bonnes pratiques sur la transparence)
Pour aider les entreprises à s’y retrouver, l’UE a publié un code de bonnes pratiques sur la transparence des contenus générés par IA, avec un ensemble d’icônes officielles pour l’étiquetage. À la fin juillet 2026, près de 190 organisations avaient signé ce référentiel volontaire. La signature n’est pas obligatoire, mais les exigences de l’article 50, elles, le sont : un déployeur qui ne s’appuie pas sur ce texte devra prouver par d’autres moyens que ses mesures sont adéquates, et l’appréciation se fera au cas par cas par les autorités de surveillance du marché. En France, la CNIL suit le déploiement du règlement et rappelle la logique des quatre niveaux de risque, dont le « risque spécifique en matière de transparence » qui vise justement les chatbots et la génération de contenu artificiel. (source : CNIL)
Ce que ça change pour un site ou une TPE qui publie du contenu : si vous générez des textes avec l’IA et que vous les publiez tels quels, vous êtes déployeur. Un étiquetage visible (« contenu généré par IA ») devient la norme à anticiper, pas une option. C’est aussi un signal de confiance : le lecteur sait ce qu’il lit, et c’est exactement la ligne que je défends ici depuis le début, comme dans mon article sur les conversations IA et le RGPD : la transparence n’est pas une contrainte, c’est une valeur.

LinkedIn déploie un bouton anti-AI slop dans ses fils d’actualité
LinkedIn passe à l’offensive contre le contenu généré en série. La plateforme a déployé fin juillet un bouton « Seems like AI slop » (on dirait de l’IA de mauvaise qualité) dans le menu à trois points de chaque publication, annoncé par Hari Srinivasan, chief product officer. Le signalement alimente les modèles de détection de LinkedIn et sert à « proposer de meilleurs fils d’actualité ». La plateforme annonce aussi bloquer chaque jour des centaines de milliers de tentatives de commentaires automatisés, et remplacer son outil d’écriture assistée par IA par un simple correcteur qui ne réécrit pas à la place de l’auteur. (source : Blog du Modérateur, 31 juillet 2026)
Le contexte donne la mesure du problème. L’étude Pangram, qui a analysé plus d’un million de publications (1 002 627 posts) via son extension Chrome entre avril et juillet 2026, estime que plus de 40 % des posts longs de LinkedIn (250 mots et plus) seraient entièrement générés par IA, et que LinkedIn concentre près des deux tiers (62 %) du contenu IA détecté sur les cinq plateformes étudiées. À titre de comparaison, le taux moyen toutes plateformes confondues est de 13,8 %. (source : étude Pangram)
Pour une entreprise qui publie sur LinkedIn, la leçon est simple : le post générique généré par IA perd de la valeur, et la plateforme le dégrade. Ce qui reprend de la valeur, c’est l’expérience réelle, les chiffres vécus, le point de vue. C’est la même logique que pour le SEO : l’IA reste un outil d’assistance, pas un auteur. Si vous voulez creuser l’angle contenu et moteurs génératifs, j’ai écrit un guide sur le GEO qui explique comment rendre un contenu citable par les IA plutôt que remplaçable par elles.

Démarchage téléphonique : Bloctel s’arrête, le consentement devient obligatoire
Changement de régime majeur pour la prospection téléphonique des particuliers. À compter du 11 août 2026, le démarchage téléphonique sans accord préalable devient illégal, et le dispositif Bloctel est supprimé. Le texte de référence est l’article 13 de la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025, complété par un décret du 23 juillet 2026 qui précise les modalités de recueil, de conservation et de retrait du consentement. (source : Legifrance, loi du 30 juin 2025)
La DGCCRF a publié le 27 juillet 2026 une fiche pratique qui détaille les règles : le consentement doit être libre, spécifique, éclairé, univoque et révocable, il vaut un an maximum et peut être retiré à tout moment, y compris oralement. Le professionnel doit conserver la preuve du consentement pendant trois ans minimum et la mettre à disposition du consommateur à sa demande. Deux exceptions subsistent : l’appel lié à un contrat en cours et la vente d’abonnements de presse. Trois secteurs restent interdits en toutes circonstances : la rénovation énergétique, l’adaptation du logement à la perte d’autonomie et le compte personnel de formation. Les sanctions vont jusqu’à 75 000 € d’amende par appel pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale, avec publication systématique des amendes. (source : DGCCRF, fiche pratique du 27 juillet 2026)
Ce qui ne change pas : les horaires autorisés (lundi au vendredi, 10h-13h et 14h-20h), la limite de quatre appels par consommateur sur trente jours, et l’interdiction des numéros 06/07 pour les plateformes automatisées. La prospection entre professionnels (B2B) n’est pas concernée par ce nouveau régime. Pour une TPE qui a une base de clients particuliers et qui songe à relancer par téléphone, c’est le moment de vérifier que chaque numéro appelé a bien donné un accord traçable. La collecte d’un consentement propre, documentée, devient un actif commercial, pas une formalité.

Sources
- Commission européenne : Code de bonnes pratiques sur la transparence des contenus générés par l’IA (article 50, applicable au 2 août 2026)
- CNIL : Entrée en vigueur du règlement européen sur l’IA
- Pangram : AI Content Is Everywhere on Social Media, Especially LinkedIn (1 002 627 posts analysés)
- Blog du Modérateur : LinkedIn dévoile un bouton pour signaler les contenus IA
- Legifrance : Loi n° 2025-594 du 30 juin 2025, article 13
- DGCCRF : Les règles du démarchage téléphonique s’imposant aux entreprises (27 juillet 2026)
FAQ
L’étiquetage des contenus générés par IA est-il obligatoire en France ?
Depuis le 2 août 2026, les obligations de transparence de l’article 50 du règlement européen sur l’IA s’appliquent dans tous les États membres, donc en France. Les deepfakes et certains textes générés qui informent le public sur des questions d’intérêt public doivent être étiquetés, sauf révision humaine préalable et responsabilité éditoriale assumée.
Que risque une entreprise qui ne signale pas ses contenus IA ?
Le règlement prévoit un régime de sanctions par les autorités de surveillance du marché. Un déployeur qui ne s’appuie pas sur le code de bonnes pratiques européen doit démontrer par d’autres moyens que ses mesures de transparence sont adéquates, au cas par cas. Le code, lui, est volontaire, mais il offre une présomption de conformité.
Comment fonctionne le bouton « Seems like AI slop » sur LinkedIn ?
Il apparaît dans le menu à trois points d’une publication ou d’un commentaire. En le sélectionnant, le membre signale un contenu qui semble généré par IA. Côté auteur, un indicateur s’affiche dans le tableau de bord quand plusieurs membres jugent le contenu inauthentique, sans que le signalement soit public ni nominatif.
LinkedIn supprime-t-il les publications générées par IA ?
Non, pas directement. LinkedIn dit lutter contre l’AI slop en réduisant la portée des contenus jugés trop génériques, pas en les supprimant systématiquement. L’objectif affiché est de faire remonter ce qui « sonne authentique », selon les mots du chief product officer, plutôt que de bannir l’IA en tant que telle : un post assisté par IA mais enrichi d’expérience réelle reste publiable.
Bloctel disparaît le 11 août 2026 : que se passe-t-il pour les particuliers ?
La liste d’opposition Bloctel est supprimée, car le système change de logique : on passe de l’opt-out (le consommateur s’inscrit pour ne pas être appelé) à l’opt-in (le professionnel doit prouver que le consommateur a accepté d’être appelé). Le consentement vaut un an maximum et peut être retiré à tout moment, même oralement.
Une entreprise peut-elle encore appeler ses clients après le 11 août ?
Oui, si elle a recueilli un consentement préalable libre, spécifique, éclairé, univoque et révocable, et si elle peut en prouver la traçabilité (date, heure, informations transmises) pendant trois ans. Les appels liés à l’exécution d’un contrat en cours restent autorisés, tout comme la prospection pour des abonnements de presse. Les horaires et la fréquence (4 appels max sur 30 jours) ne changent pas.
