IA en entreprise : pourquoi seulement 18 % des sociétés françaises l’utilisent en 2025
- 18 % des entreprises françaises utilisent l’IA en 2025 : le triplement en deux ans
- Les TPE restent à la traîne : 15 % d’adoption contre 58 % pour les grandes entreprises
- Les secteurs qui automatisent le plus : information-communication, activités scientifiques, immobilier
- Pourquoi les entreprises n’utilisent pas l’IA : l’utilité perçue, premier frein devant l’expertise
- Ce que font concrètement les entreprises qui utilisent l’IA
- Combien coûte l’automatisation pour une TPE : les fourchettes réelles
- Comment dépasser les freins sans embaucher un expert
- FAQ

18 % des entreprises françaises utilisent l’IA en 2025 : le triplement en deux ans
L’enquête annuelle de l’INSEE sur les technologies de l’information dans les entreprises (Insee Première n° 2120, publiée le 21 juillet 2026) mesure l’adoption de huit technologies d’IA en entreprise, de l’analyse de langage écrit à la génération d’images en passant par l’automatisation de processus (source). En 2025, 18 % des entreprises françaises de 10 salariés ou plus en utilisent au moins une, soit 8 points de plus qu’en 2024 et 12 points de plus qu’en 2023.
La progression est spectaculaire : le taux d’usage a été multiplié par trois en deux ans. Surtout, ces 18 % d’entreprises ne sont pas anecdotiques : l’INSEE mesure qu’elles concentrent désormais 66 % du chiffre d’affaires et 59 % de l’emploi du champ étudié (secteurs marchands hors agriculture, finance et assurance) (source). Autrement dit, même si la majorité des sociétés n’utilisent pas encore l’IA, celles qui le font pèsent déjà les deux tiers de l’activité économique couverte par l’enquête.
Les TPE restent à la traîne : 15 % d’adoption contre 58 % pour les grandes entreprises
L’adoption de l’IA pour les TPE et PME reste très liée à la taille. Selon l’INSEE, seules 15 % des entreprises de 10 à 49 salariés utilisent l’IA en 2025, contre 31 % pour celles de 50 à 249 salariés et 58 % pour les entreprises de 250 salariés ou plus (source). Les moins de 50 salariés, qui représentent 85 % du champ de l’enquête, utilisent l’IA deux fois moins souvent que les entreprises moyennes et presque quatre fois moins que les grandes.
| Taille de l’entreprise | France 2023 | France 2024 | France 2025 | UE 2025 |
|---|---|---|---|---|
| 10 à 49 salariés | 5 % | 9 % | 15 % | 17 % |
| 50 à 249 salariés | 10 % | 15 % | 31 % | 30 % |
| 250 salariés ou plus | 21 % | 33 % | 58 % | 55 % |
| Ensemble | 6 % | 10 % | 18 % | 20 % |
Source : Insee Première n° 2120, enquêtes TIC entreprises 2023-2025 ; Eurostat (données extraites en décembre 2025), page Eurostat
Le constat européen est identique : Eurostat mesure 19,95 % d’adoption dans l’Union européenne en 2025, en hausse de 6,47 points en un an, avec 17 % pour les petites entreprises, 30,36 % pour les moyennes et 55,03 % pour les grandes (source). La France a comblé son retard sur l’UE pour les entreprises de 50 salariés ou plus, mais reste 2 points derrière pour les plus petites.
Les secteurs qui automatisent le plus : information-communication, activités scientifiques, immobilier
Le secteur d’activité pèse autant que la taille. L’INSEE mesure un taux d’usage de 59 % dans l’information-communication, de 33 % dans les activités spécialisées, scientifiques et techniques, et de 26 % dans l’immobilier (source). À l’opposé, la construction (10 %), les transports et l’entreposage (9 %) et l’hébergement-restauration (12 %) restent très en retrait.
Le détail européen confirme la hiérarchie : Eurostat place l’information-communication à 62,52 % et les activités scientifiques et techniques à 40,43 %, quand la construction reste sous les 11 % (source). Un artisan ou un transporteur peut légitimement estimer que l’IA n’est pas prioritaire, mais l’écart entre secteurs se réduit vite : l’usage a triplé en un an dans la construction française et plus que doublé dans l’industrie manufacturière.

Pourquoi les entreprises n’utilisent pas l’IA : l’utilité perçue, premier frein devant l’expertise
Le frein n’est pas celui qu’on croit. Parmi les entreprises qui n’utilisent aucune technologie d’IA, 71 % disent n’en voir pas l’utilité, une réponse particulièrement fréquente chez les moins de 50 salariés (71 % également), et 54 % évoquent un manque d’expertise (INSEE). L’incompatibilité avec les équipements existants (38 %), les inquiétudes sur la protection des données (38 %) et le manque de clarté juridique (38 %) complètent le tableau.
Eurostat observe un paradoxe intéressant chez les entreprises qui avaient envisagé l’IA avant de renoncer : la première raison citée y est le manque d’expertise (70,89 %), devant le flou juridique (52,52 %) et la protection des données (48,83 %). Seulement 20,68 % de ces entreprises ont finalement jugé l’IA inutile (source). Autrement dit, quand une entreprise s’est vraiment posé la question, l’utilité n’est presque plus un obstacle : ce sont les compétences et le cadre qui bloquent.
Ce que font concrètement les entreprises qui utilisent l’IA
Les finalités d’usage dessinent un profil bien différent de l’image du « robot qui remplace les salariés ». Mesurée en part des effectifs, la première finalité citée par les entreprises utilisatrices est la sécurité informatique (39 % des effectifs), devant l’organisation des processus d’administration (38 %) et la recherche et l’innovation (35 %) (INSEE, Insee Première n° 2120). Le marketing et les ventes arrivent à 31 % des effectifs, la logistique fermant la marche à 18 %.
Les motivations sont tout aussi pragmatiques : 73 % des entreprises utilisant l’IA déclarent le faire pour optimiser les coûts, en citant explicitement le gain de temps et l’automatisation de tâches répétitives, 64 % pour améliorer la qualité et la fiabilité des processus, et 56 % pour réaliser des travaux complexes (source). Côté technologies, l’analyse de langage écrit arrive en tête (56 % des utilisateurs), devant la génération de texte ou de parole (43 %) et la génération d’images, de vidéos ou de contenu audio (41 %).
Combien coûte l’automatisation pour une TPE : les fourchettes réelles
L’INSEE apporte une réponse claire sur le budget : 80 % des entreprises utilisant l’IA ont simplement acheté des logiciels ou des systèmes prêts à l’emploi dans le commerce, et 73 % ont recours à des services payants de cloud computing (source). Le développement sur mesure reste l’exception, pas la règle.
Pour une TPE, les fourchettes d’abonnement sont accessibles. Selon un guide tarifaire publié par l’hébergeur Hostinger en 2026, les plateformes sans code facturent généralement de 10 à 30 euros par mois pour les plans de base, et la création d’une application avec des outils sans code ou d’IA va de 0 à 200 euros par mois selon l’ampleur du projet (source). Pour situer l’échelle : une plateforme de facturation ou de gestion d’abonnements revient au prix d’un ou deux repas d’équipe, et peut être testée un mois sans engagement.

Comment dépasser les freins sans embaucher un expert
Les deux freins principaux, l’utilité perçue et le manque d’expertise, se traitent avec la même méthode : commencer petit, sur une tâche précise et répétitive. Le point de départ le plus simple est d’identifier une tâche administrative qui revient chaque semaine, puis de tester un logiciel du commerce qui la prend en charge. Si le sujet vous intéresse, notre guide sur l’automatisation des processus en TPE/PME détaille les domaines à traiter en premier et les aides publiques disponibles.
Pour lever le manque d’expertise, la logique est la même que pour tout outil métier : on n’apprend pas l’IA en théorie, on l’apprend en l’utilisant sur un périmètre limité. Les entreprises qui avancent le plus vite combinent un logiciel du commerce (l’achat dans le commerce reste le principal moyen d’acquisition, cité par sept entreprises sur dix) et un périmètre de test restreint. Avant de choisir un outil central, notre comparatif ERP ou CRM : quelle différence et que change l’IA peut aider à structurer la réflexion.
Enfin, le cadre juridique n’est pas un motif pour renoncer : les inquiétudes sur la protection des données et les conséquences juridiques sont citées par 38 % des non-utilisateurs, mais aucune entreprise utilisant l’IA n’est pour autant en infraction automatique. La règle pratique tient en une phrase : n’envoyer vers un outil d’IA aucune donnée que l’on n’accepterait pas de voir publiée, et privilégier les offres européennes quand le sujet est sensible.
📌 Pour aller plus loin
l’IA open source pour les TPE : pour aller plus loin.
FAQ
Quel pourcentage d’entreprises françaises utilisent l’IA en 2025 ?
D’après l’enquête TIC de l’INSEE publiée en juillet 2026, 18 % des entreprises françaises de 10 salariés ou plus utilisent au moins une technologie d’intelligence artificielle en 2025, soit un taux multiplié par trois depuis 2023. La moyenne de l’Union européenne s’établit à 20 % sur la même année (INSEE).
Pourquoi les TPE n’utilisent-elles pas l’IA ?
L’INSEE classe les motifs en deux familles : la perception (71 % des non-utilisateurs estiment que l’IA ne leur servirait à rien, une réponse majoritaire dans toutes les tailles d’entreprise) et les moyens (54 % citent le manque d’expertise, 38 % l’incompatibilité avec leurs équipements). Eurostat ajoute un enseignement : parmi les entreprises qui ont sérieusement envisagé l’IA, le manque d’expertise devient le premier motif d’abandon, devant le flou juridique (INSEE, Eurostat).
Combien coûte un outil d’automatisation pour une petite entreprise ?
Les prix des solutions du commerce commencent très bas : 10 à 30 euros par mois pour un plan de base sans code, et jusqu’à 200 euros par mois pour une application créée avec des outils sans code ou d’IA, d’après le guide tarifaire Hostinger 2026 (source). L’essentiel du coût n’est pas l’abonnement mais le temps passé à configurer l’outil sur ses propres processus : c’est pourquoi l’INSEE note que 80 % des entreprises utilisatrices achètent des logiciels prêts à l’emploi plutôt que de développer en interne.
Quels secteurs utilisent le plus l’IA ?
Le classement des secteurs fait ressortir les activités intellectuelles : 59 % d’entreprises utilisatrices dans l’information-communication, 33 % dans les activités scientifiques et techniques, 26 % dans l’immobilier, selon l’INSEE (source). En revanche, les secteurs de terrain restent peu équipés : transports (9 %), construction (10 %), hébergement-restauration (12 %). C’est dans ces secteurs en retard que la progression a été la plus rapide en 2025.
À quoi servent les outils d’IA dans les entreprises qui les utilisent ?
Les usages les plus répandus ne sont pas les plus médiatisés : la sécurité informatique arrive en tête (39 % des effectifs des entreprises utilisatrices), suivie de l’organisation des processus d’administration (38 %) et de la recherche et l’innovation (35 %) (INSEE). Le commerce et la logistique restent les finalités les moins déclarées.
L’IA va-t-elle remplacer les salariés des TPE ?
Les motivations déclarées par les entreprises utilisatrices sont d’abord l’optimisation des coûts par le gain de temps et l’automatisation de tâches répétitives (73 %), puis l’amélioration de la qualité des processus (64 %). Les entreprises qui automatisent ne suppriment pas des postes entiers dans les données de l’INSEE : elles déplacent du temps vers des tâches à plus forte valeur (source).
Article publié le 14 août 2026 par Raphaël Marieux. Sources principales : Insee Première n° 2120 (enquête TIC entreprises 2025, publiée le 21 juillet 2026), Eurostat Statistics Explained (données extraites en décembre 2025), guide tarifaire Hostinger 2026. Les chiffres cités proviennent de ces documents consultés directement.
