📌 En bref : Le click and collect n’est pas un gadget réservé aux grandes enseignes. Selon un rapport du Sénat de juillet 2026, ce mode de retrait pèse déjà près d’un tiers des achats à distance dans la grande distribution et le prêt-à-porter. Pour un commerce local, il combine visibilité en ligne et contact en boutique, sans les coûts de livraison à domicile.
Le click and collect pèse déjà un tiers des commandes en ligne dans certains secteurs
Le click and collect, c’est simple : le client commande en ligne, puis vient récupérer son achat en magasin. Ce mode de consommation a explosé pendant la crise sanitaire et ne s’est pas effacé depuis. Selon le rapport « Face à la décommercialisation, réinventer le commerce physique » publié par le Sénat en juillet 2026, il représente désormais près d’un tiers des commandes en ligne dans la grande distribution comme dans le textile.
Ce n’est pas un cas isolé de niche : l’ensemble du commerce en ligne pèse lourd dans la consommation française. La Fevad chiffre le marché à 196,4 milliards d’euros en 2025, dont 76,1 milliards pour les seuls produits, avec 3,2 milliards de transactions sur l’année. Dans le même rapport, le Sénat, s’appuyant sur les données Insee et Fevad, estime que l’e-commerce représente environ 12 % des ventes de produits du commerce de détail, contre 9 % en 2019. Le retrait en magasin est l’une des réponses des commerçants physiques à cette vague, et les chiffres montrent qu’elle fonctionne : le Sénat recense plus de 7 000 drives et environ 1 200 points de retrait piéton en France.

Pourquoi ce modèle coûte moins cher à faire vivre que la livraison à domicile
La livraison à domicile coûte cher : transport, emballage, gestion des retours, et le risque de l’absence du client au moment de la remise. Le retrait en magasin élimine l’essentiel de cette chaîne logistique. Le Sénat le formule sans détour : le click and collect permet de réduire les coûts de livraison, tout en augmentant la fréquence de visite en magasin et le panier moyen lors du retrait.
Le contexte économique joue aussi en faveur de ce modèle. La Fevad note que le panier moyen en ligne a reculé de 3 % en 2025, à 62 euros : la croissance du e-commerce vient désormais de la fréquence des achats, pas de la dépense unitaire. Dans ce cadre, chaque euro économisé sur la logistique compte double pour une petite structure qui ne peut pas négocier des tarifs de transport à gros volume.

Le retrait en magasin ramène le client devant vos rayons
L’argument le plus intéressant pour un commerçant local n’est pas logistique, il est commercial. Une commande en ligne se termine souvent par un colis déposé dans une boîte aux lettres. Un retrait en magasin se termine par un client dans votre boutique. Le rapport du Sénat souligne que le click and collect est un outil clé de réintégration du magasin dans la chaîne de valeur, et que les points de vente évoluent vers des fonctions hybrides : lieux de conseil, de retrait, de retour et d’expérience client.
Le même rapport rappelle le phénomène dit du ROPO (Research Online, Purchase Offline) : une part significative des achats en magasin est précédée d’une consultation en ligne. Autrement dit, votre présence en ligne ne vend pas seulement à distance, elle prépare des visites physiques. Le Sénat précise que plus de 80 % des enseignes disposant d’un réseau physique réalisent également de la vente en ligne : la frontière entre les deux mondes s’estompe, et un commerce indépendant sans commande à distance laisse ce flux à d’autres.

Ce que ça demande concrètement à un commerce indépendant
Pas besoin d’infrastructure complexe pour démarrer. Le socle tient en trois briques : une page ou une boutique en ligne où le client choisit son produit et un créneau de retrait ; une notification (mail ou SMS) pour confirmer que la commande est prête ; un point de retrait clairement identifié en magasin, avec un stock tenu à jour pour éviter de vendre un produit déjà parti.
Les grandes enseignes ont industrialisé ce parcours, mais un commerçant indépendant peut démarrer simplement : réserver le produit par formulaire ou téléphone, le préparer, le poser derrière le comptoir avec le nom du client, et encaisser au retrait, ce qui évite de gérer le paiement en ligne au début. Le point de vigilance principal est la réactivité : le client a commandé parce que c’était rapide, un délai de préparation flou détruit la promesse. Si vous démarrez aussi une activité de vente en ligne plus large, notre article sur les premières décisions à prendre pour débuter le e-commerce en France détaille les choix de plateforme et de logistique.
Les limites à connaître avant de se lancer
Le click and collect n’est pas magique, et il vaut mieux le savoir avant d’investir. Première limite : il suppose un stock géré en temps réel. Vendre en ligne un produit déjà écoulé en magasin est la façon la plus rapide de perdre la confiance d’un client. Deuxième limite : le modèle convient aux achats planifiés (matériel, pièces, produits du quotidien), beaucoup moins aux achats d’impulsion ou de conseil, où le client veut voir et essayer.
Troisième limite, enfin : le retrait en magasin déplace la charge de travail vers vous. Préparer les commandes, gérer les notifications, accueillir les retraits : ce temps doit être organisé, surtout en période de forte activité. Si votre activité de vente en ligne s’étoffe, la question de la fiabilité de votre site devient centrale ; notre article sur le coût réel d’un site internet explique pourquoi le prix dépend des fonctionnalités, dont la gestion de stock et de commandes.
FAQ
Qu’est-ce que le click and collect exactement ?
C’est un mode de vente où le client commande et paie (ou réserve) en ligne, puis vient chercher son produit en magasin. Il se distingue du drive (retrait depuis un véhicule dans un espace dédié) et de la livraison en point relais, où le colis transite par un tiers.
Le click and collect convient-il à une petite boutique indépendante ?
Oui, et d’autant plus qu’il ne nécessite ni flotte de livraison ni entrepôt. Le rapport du Sénat de juillet 2026 souligne qu’il réduit les coûts de livraison et augmente le panier moyen lors du retrait, deux atouts majeurs pour une structure sans marge de négociation sur le transport. La condition principale est de tenir son stock à jour.
Faut-il obligatoirement encaisser le paiement en ligne ?
Non. Une réservation en ligne avec paiement au comptoir est une forme de click and collect parfaitement valable pour démarrer. Le paiement en ligne simplifie la vie du client mais ajoute des obligations (moyen de paiement sécurisé, gestion des remboursements) que vous pouvez ajouter plus tard.
Quels produits se prêtent le mieux au retrait en magasin ?
Les achats planifiés et standardisés : matériel, pièces, produits du quotidien, articles en réassort. Le Sénat observe que le click and collect pèse près d’un tiers des commandes en ligne dans la grande distribution et le textile, deux univers où le produit est identifiable sans être vu. À l’inverse, les achats d’impulsion et les produits d’essai restent des ventes de magasin.
Le click and collect va-t-il remplacer la vente en magasin ?
Tout porte à croire que non : il la prolonge. Le rapport du Sénat décrit des points de vente qui évoluent vers des fonctions hybrides (conseil, retrait, retour, expérience), et rappelle le phénomène ROPO : beaucoup d’achats en magasin sont préparés par une recherche en ligne. Le click and collect est le point de rencontre des deux.
Sources
- Sénat, rapport « Face à la décommercialisation, réinventer le commerce physique » (juillet 2026) : senat.fr/rap/r25-821/r25-82111.html
- Fevad, « Bilan du e-commerce en France : les Français ont dépensé près de 200 milliards d’euros sur internet en 2025 » (février 2026) : fevad.com
- Fevad, communiqué « L’édition 2025 des Chiffres clés du e-commerce » (juillet 2025) : fevad.com
Date de mise à jour : 03/09/2026