Un carton de vêtements oubliés au grenier, un téléphone qui dort dans un tiroir. Vous mettez tout en ligne sur Vinted, et quelques semaines plus tard la plateforme vous écrit à propos du « DAC7 » et de la transmission d’informations aux impôts. Beaucoup de vendeurs croient à ce moment-là que leurs vieilles affaires vont être taxées. Ce n’est pas le cas dans la grande majorité des situations.
Le dispositif DAC7 est une obligation déclarative que l’Union européenne a imposée aux plateformes numériques. Il ne crée aucun impôt nouveau. Il oblige les sites de mise en relation à transmettre chaque année à l’administration fiscale une partie des informations qu’ils détiennent sur leurs vendeurs, et l’administration qui les reçoit les transmet ensuite à celle de l’État où vit le vendeur.
Qu’est-ce que le dispositif DAC7 ?
La règle vient de la directive (UE) 2021/514 du 22 mars 2021, transposée en France par un décret du 26 décembre 2022. Elle s’applique aux opérations réalisées depuis le 1er janvier 2023, avec une première campagne déclarative en 2024, comme le détaille la page DPI-DAC7 d’impots.gouv.fr.
Chaque plateforme envoie ses données à son administration fiscale avant la fin février de l’année suivante, puis les États échangent automatiquement ces informations entre eux. En France, elles partent aussi vers les organismes sociaux. Le dispositif DAC7 remplace un mécanisme antérieur appelé Écollab, en vigueur de 2020 à 2023, dont les seuils de transmission n’étaient pas les mêmes.
Le terme est technique, l’obligation ne l’est pas. Vinted n’agit pas en auxiliaire du fisc. La plateforme applique une contrainte de collecte qui pèse sur elle, pas sur vous.

À partir de quel seuil Vinted transmet-elle vos ventes ?
Vinted déclenche la transmission si l’un de ces deux critères est rempli dans l’année civile. La plateforme vous contacte alors directement pour compléter un rapport.
| Critère | Ce qui déclenche la transmission au fisc |
|---|---|
| Nombre de ventes | 30 transactions ou plus sur l’année civile |
| Montant encaissé | Plus de 2 000 € sur l’année civile |
Ces deux seuils sont ceux du dispositif DAC7. La fiche de Service-Public sur les revenus d’une activité accessoire, vérifiée le 15 avril 2026, précise que la plateforme est dispensée de toute déclaration en dessous de 2 000 € de recettes ou de 30 transactions dans l’année. Vinted précise de son côté sur sa page d’aide consacrée à DAC7 qu’un rapport complété ne débouche sur aucune imposition.
Le seuil de transmission n’est donc pas un seuil d’imposition. Il indique seulement à partir de quand l’administration voit passer l’information.
Vendre ses affaires personnelles n’est pas imposable
La règle de fond tient en une phrase. Les revenus tirés de la vente des biens personnels dont on se débarrasse, vêtements, meubles, électroménager, ne sont pas imposables. La fiche d’impots.gouv.fr sur les revenus de l’économie collaborative range explicitement ces cessions du côté des sommes non imposables.
L’exemple donné par la même page est parlant. Un parent vend 32 vêtements devenus trop petits, à 5 € pièce, soit 160 €. Le nombre d’opérations dépasse le seuil de transmission, les informations apparaissent dans sa déclaration pré-remplie, et pourtant aucune imposition ne s’applique, parce qu’il s’agit de biens déjà utilisés et non d’un commerce.
Être signalé au fisc et devoir payer un impôt restent deux choses distinctes. Le rapport DAC7 n’ajoute aucune obligation fiscale à celles qui existaient déjà avant.
Acheter pour revendre, le cas qui change tout
La ligne se déplace dès que vous achetez dans le but de revendre. Une paire de baskets achetée en soldes puis revendue plus cher n’est plus un objet personnel dont vous vous séparez, c’est une opération commerciale. La même fiche d’impots.gouv.fr est catégorique, les biens achetés ou fabriqués pour être revendus sont imposables et doivent être déclarés.
C’est le point que beaucoup de guides sur Vinted passent sous silence. Vendre ses affaires reste un débarras. Acheter pour revendre devient une activité, avec une immatriculation et des cotisations sociales. La fiche de l’administration précise même que des recettes occasionnelles peuvent présenter un caractère professionnel et relever des cotisations au-delà de certains seuils.
| Point de comparaison | Vendre ses affaires personnelles | Acheter pour revendre |
|---|---|---|
| Nature de l’opération | Débarras d’objets déjà utilisés | Activité commerciale |
| Imposition des revenus | Non imposable en général | Imposable, à déclarer |
| Cotisations sociales | Non concerné | Dues quand l’activité devient habituelle |
| Transmission au fisc | Au-delà de 30 ventes ou de 2 000 € | Au-delà de 30 ventes ou de 2 000 € |
| Statut à prévoir | Aucun | Micro-entreprise ou société |
Un vendeur qui se contente de trier ses placards n’a donc rien à préparer. Celui qui chine en brocante pour alimenter sa boutique en ligne entre dans un autre régime, et c’est son volume d’achats qui le détermine, pas le nombre de clics sur l’application.

Bijoux, objets d’art et métaux précieux : la taxe au-delà de 5 000 €
Il existe une exception à la règle du non-imposable, et elle vise les objets de valeur. La fiche de Service-Public indique que la vente d’un bijou, d’un objet d’art, de collection ou d’antiquité pour un prix supérieur à 5 000 € déclenche une taxe forfaitaire de 6 %. Pour les métaux précieux, le taux monte à 11 %. La déclaration se fait auprès du service des impôts dans le mois qui suit la vente.
Autrement dit, céder la montre de famille à un prix modeste ne change rien. La céder beaucoup plus cher fait basculer l’opération dans un régime fiscal à part, sans lien avec le nombre de ventes réalisées sur l’année.
Ce que la plateforme vous envoie, et ce qu’il faut en faire
Chaque année, la plateforme doit vous adresser un document d’information qui récapitule le nombre d’opérations et le montant net perçu. Ces montants sont repris dans votre déclaration de revenus pré-remplie. Vous n’avez rien à recalculer vous-même.
Si les sommes correspondent à la vente de vos affaires personnelles, il n’y a rien à corriger. Si elles viennent d’achats revendus, il faut les déclarer.

Vendre sur Vinted au-delà du fisc
Le volet fiscal n’est qu’une partie du sujet. Une fois le cadre posé, la vente d’occasion en ligne obéit à des logiques de prix et de logistique qui décident du succès d’une annonce. Fixer un prix de vente cohérent avec les frais réels, anticiper les frais de port et leur impact sur l’achat, ou choisir entre une vente en propre et une place de marché change le résultat final. Deux guides du blog détaillent ces calculs, l’un sur la méthode de calcul du prix de vente, l’autre sur les frais de port et la façon de les répercuter sans perdre d’acheteurs.
Pour la vue d’ensemble, vendre en ligne depuis un commerce de proximité.
Faut-il déclarer ses ventes Vinted quand on vide son placard ?
Non. La vente de biens personnels déjà utilisés n’est pas imposable, même quand la plateforme transmet l’information à l’administration fiscale. Aucune ligne à corriger sur la déclaration.
Que se passe-t-il si je dépasse 2 000 € de ventes sur l’année ?
Vinted vous contacte pour compléter un rapport DAC7 et transmet le récapitulatif de vos opérations au fisc. Cela ne déclenche pas d’imposition en soi. Seul l’achat-revente est imposable.
Vinted prélève-t-il un impôt sur mes ventes ?
Non. Le rapport DAC7 est une obligation de transmission, pas un prélèvement fiscal. La plateforme ne retient rien sur vos ventes au titre de l’impôt.
Comment savoir si mon activité relève de l’achat-revente ?
Le critère est l’intention d’achat. Un bien acheté pour être revendu, ou fabriqué pour être vendu, entre dans le champ imposable. Un bien acheté pour un usage personnel puis revendu après usage n’y entre pas.
Un montant apparaît sur ma déclaration pré-remplie, dois-je le corriger ?
Rien à corriger dans ce cas précis. Un montant peut figurer sur le formulaire pré-rempli sans donner lieu au moindre impôt, puisque la cession d’objets déjà utilisés sort du champ. En cas de doute sur l’origine d’une somme, mieux vaut interroger son service des impôts.
Sources
Impots.gouv.fr, « Transfert d’informations en application des dispositifs DPI-DAC7 ».
Impots.gouv.fr, « Comment déclarer mes revenus issus de l’économie collaborative ? ».
Vinted, « DAC7 : ce qu’il faut savoir ».